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À tous ceux qui savent, 15 ans déjà… 20.000 flash, aucune illusion!
et bien sûr, tout particulièrement à Sharif !
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J’insiste, ben oui attends…
… j’y tiens. Et ça me rappelle que pour dire intelligent en anglais on utilise sensitive…
Alors voilà encore trois de ses chansons et comme d’habitude, ce sont des liens :
Dust And Water
You Are My Sister
Ghost…et Kiss My Name
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Mais encore!
Noble et Vil – Aux gens vulgaires tous sentiments nobles, généreux paraissent dénués d’utilité pratique et, pour cette raison, tout d’abord suspects : ils clignent de l’œil dès qu’ils en entendent parler, avec l’air de dire : « sans doute se cache-t-il là quelque bénéfice, on ne saurait tout percer à jour » : ils sont pleins d’aigreur à l’égard de l’homme noble qu’ils soupçonnent de chercher son profit par des voies détournées. S’ils se voient par trop convaincus de l’absence d’intérêts et de gains personnels, voila que l’homme noble n’est plus à leurs yeux qu’une sorte de fou : ils méprisent ses joies et se moquent de l’éclat de ses yeux. « Comment peut-on se réjouir de souffrir un préjudice, comment s’y exposer sciemment ! Il faut croire que la noble affection repose sur quelque maladie de la raison », – ainsi pensent-ils et observent-ils avec un air de mépris : de ce mépris qu’ils ont pour les joies que le fou puise dans son idée fixe. La nature vulgaire est en ceci remarquable qu’elle ne perd jamais de vue son profit et que cette pensée orientée par l’utilité et le profit est plus forte que les plus fortes impulsions : ne point se laisser égarer par ses impulsions dans des actions inutiles – voilà sa sagesse et son amour-propre. Comparée à elle la nature supérieure est plus déraisonnable (…)
La déraison ou la raison pervertie de la passion, voilà ce que le vulgaire méprise chez l’être noble, d’autant plus que cette passion se porte sur des objets dont la valeur lui paraît absolument chimérique et arbitraire. S’il se fâche à la vue de celui qui succombe à la passion du ventre, il comprend tout de même la tyrannie de ce genre de plaisir ; en revanche, il ne comprend guère que par exemple on puisse, pour l’amour d’une passion de la connaissance, risquer sa santé et son honneur. Le goût des natures supérieures se porte sur des exceptions, sur des objets qui d’ordinaire laissent indifférent et semblent dénués de saveur : la nature supérieure a un singulier jugement de valeur. (…)
Il est fort rare qu’une nature supérieure dispose encore d’assez de raison pour comprendre et traiter les gens de la vie quotidienne en tant que tels : le plus souvent elle croit à sa passion comme étant la passion secrète de tous, et précisément dans cette croyance elle est toute pleine d’ardeur et d’éloquence. Si dès lors de pareils hommes exceptionnels ne s’éprouvent pas eux-mêmes comme des exceptions, comment pourraient-ils jamais comprendre les natures vulgaires et apprécier équitablement la règle ! – De la sorte eux aussi parlent de la folie, de l’inopportunité, des songeries fantasques de l’humanité, pleins d’étonnement devant la course insensée de ce monde et son impénitence à l’égard de cela même « qui lui serait nécessaire ». – Voilà l’éternelle injustice des nobles.Le gai savoir, 1882.
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Ce qui nous reste quand on vient au monde? …mais par exemple, Nietzsche!
« Travail et ennui. – Chercher du travail en vue du salaire – voilà en quoi presque tous les hommes sont égaux dans les pays civilisés : pour eux tous, le travail n’est qu’un moyen, non pas le but en soi ; aussi bien sont-ils peu raffinés dans le choix du travail, qui ne compte plus à leurs yeux que par la promesse du gain, pourvu qu’il en assure un appréciable. Or il se trouve quelques rares personnes qui préfèrent périr plutôt que de se livrer sans joie au travail ; ce sont ces natures portées à choisir et difficiles à satisfaire qui ne se contentent pas d’un gain considérable, dès lors que le travail ne constitue pas lui-même le gain de tous les gains. A cette catégorie d’hommes appartiennent les artistes et les contemplatifs de toutes sortes, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse, en voyages ou dans des intrigues et des aventures amoureuses. Tous ceux-là veulent le travail et la nécessité pour autant qu’y soit associé le plaisir, et le travail le plus pénible, le plus dur s’il le faut. Au demeurant, ils sont d’une paresse résolue, dût-elle entraîner l’appauvrissement, le déshonneur, et mettre en danger la santé et la vie. Ils ne craignent pas tant l’ennui que le travail sans plaisir : ils ont même besoin de s’ennuyer beaucoup s’ils veulent réussir dans leur propre travail. Pour le penseur comme pour tous les esprits sensibles l’ennui est ce désagréable « calme plat » de l’âme, qui précède l’heureuse navigation et les vents joyeux : il faut qu’il supporte, qu’il en attende l’effet : – c’est là précisément ce que les natures les plus faibles ne peuvent absolument pas obtenir d’elles-mêmes! Chasser l’ennui de soi par n’importe quel moyen est aussi vulgaire que le fait de travailler sans plaisir. (…) »
Le gai savoir, 1882.
Alors j’aurais peut-être l’air ici de « faire de nécessité vertu » en ce qui me concerne mais non, je sais, il s’agit d’arriver à concrètement faire son propre travail et pas dans 60 ans… -
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Il se reconnaîtrait sans doute… Et vous, le reconnaîtriez-vous ?
Surpris : le mépris peut prendre l’aspect d’un boomerang, un morceau de bois élégant et cultivé qu’on envoie d’un geste précis, presque savant ; quelque fois il peut vous revenir, mais au visage, transformé en une grosse branche morte, barbare et chaotique. « Chaos reigns… »

