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    « Marié à la haine comme Bellucci… »

    21 juillet 201631 octobre 2025
  • philosophie

    Mythologies

    14 juillet 201631 octobre 2025

    Le mythe de l’abbé Pierre dispose d’un atout précieux : la tête de l’abbé. C’est une belle tête, qui présente clairement tous les signes de l’apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité.

    La coupe de cheveux, par exemple, à moitié rase, sans apprêt et surtout sans forme, prétend certainement accomplir une coiffure entièrement abstraite de l’art et même de la technique, une sorte d’état zéro de la coupe ; il faut bien se faire couper les cheveux, mais que cette opération nécessaire n’implique au moins aucun mode particulier d’existence : qu’elle soit, sans pourtant être quelque chose. La coupe de l’abbé Pierre, conçue visiblement pour atteindre un équilibre neutre entre le cheveu court (convention indispensable pour ne pas se faire remarquer) et le cheveu négligé (état propre à manifester le mépris des autres conventions) rejoint ainsi l’archétype capillaire de la sainteté : le saint est avant tout un être sans contexte formel ; l’idée de mode est antipathique à l’idée de sainteté.

    Mais où les choses se compliquent — à l’insu de l’abbé, il faut le souhaiter — c’est qu’ici comme ailleurs, la neutralité finit par fonctionner comme signe de la neutralité, et si l’on voulait vraiment passer inaperçu, tout serait, à recommencer.

    La coupe zéro, elle, affiche tout simplement le franciscanisme ; conçue d’abord négativement pour ne pas contrarier l’apparence de la sainteté, bien vite elle passe à un mode superlatif de signification, elle déguise l’abbé en saint François. D’où la foisonnante fortune iconographique de cette coupe dans les illustrés et au cinéma (où il suffira à l’acteur Reybaz de la porter pour se confondre absolument avec l’abbé).

    Même circuit mythologique pour la barbe : sans doute peut-elle être simplement l’attribut d’un homme libre, détaché des conventions quotidiennes de notre monde et qui répugne à perdre le temps de se raser : la fascination de la charité peut avoir raisonnablement ces sortes de mépris ; mais il faut bien constater que la barbe ecclésiastique a elle aussi sa petite mythologie. On n’est point barbu au hasard, parmi les prêtres ; la barbe y est surtout attribut missionnaire ou capucin, elle ne peut faire autrement que de signifier apostolat et pauvreté ; elle abstrait un peu son porteur du clergé séculier : les prêtres glabres sont censés plus temporels, les barbus plus évangéliques : l’horrible Frolo était rasé, le bon Père de Foucauld barbu ; derrière la barbe, on appartient un peu moins à son évêque, à la hiérarchie, à l’Église politique ; on semble plus libre, un peu franc-tireur, en un mot plus primitif, bénéficiant du prestige des premiers solitaires, disposant de la rude franchise des fondateurs du monachisme, dépositaires de l’esprit contre la lettre : porter la barbe, c’est explorer d’un même cœur la Zone, la Britonnie ou le Nyassaland.

    Évidemment, le problème n’est pas de savoir comment cette forêt de signes a pu couvrir l’abbé Pierre (encore qu’il soit à vrai dire assez surprenant que les attributs de la bonté soient des sortes de pièces transportables, objets d’un échange facile entre la réalité, l’abbé Pierre de Match, et la fiction, l’abbé Pierre du film, et qu’en un mot l’apostolat se présente dès la première minute tout prêt, tout équipé pour le grand voyage des reconstitutions et des légendes). Je m’interroge seulement sur l’énorme consommation que le public fait de ces signes. Je le vois rassuré par l’identité spectaculaire d’une morphologie et d’une vocation ; ne doutant pas de l’une parce qu’il connaît l’autre ; n’ayant plus accès à l’expérience même de l’apostolat que par son bric-à-brac et s’habituant à prendre bonne conscience devant le seul magasin de la sainteté ; et je m’inquiète d’une société qui consomme si avidement l’affiche de la charité, qu’elle en oublie de s’interroger sur ses conséquences, ses emplois et ses limites. J’en viens alors à me demander si la belle et touchante iconographie de l’abbé Pierre n’est pas l’alibi dont une bonne partie de la nation s’autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice. »

    Iconographie de l’abbé Pierre,  in Mythologies de Roland Barthes (1957).

  • musique

    Pour une belle matinée de printemps…

    7 juillet 201631 octobre 2025
  • musique

    Tanz’

    30 juin 201631 octobre 2025


    Geh’ in die Knie
    Und klatsch’ in die Hände
    Beweg’ deine Hüften
    Und tanz’ den Mussolini

    Tanz’ den Mussolini

    Dreh’ dich nach rechts
    Und klatsch’ in die Hände
    Und mach’ den Adolf Hitler
    Tanz’ den Adolf Hitler
    Und jetzt den Mussolini

    Beweg’ deinen Hintern
    Klatsch’ in die Hände
    Tanz’ den Jesus Christus

    Geh’ in die Knie
    Und dreh’ dich nach rechts
    Und dreh’ dich nach links
    Klatsch’ in die Hände

    Tanz’ den Jesus Christus

    Gib mir deine Hand
    Und tanz’ den Mussolini
    Tanz’ den Kommunismus

    …

  • musique

    C’est pas vraiment l’actualité mais comme on est le 9 décembre et que j’ai les mains froides, bon…

    23 juin 201623 juin 2025


    9 décembre, j’ai les mains froides

    La France veut m’embaucher, tenter d’me réchauffer
    Elle peut se mettre un oid
    Je ferai mon propre chemin
    Non à l’A.N.P.E, oui à la débauche, fuck demain
    Citations sans félicitations
    De drame en drame, je n’fais pas bonne impression je sais
    J’avance de gramme en gramme
    Mais j’ai choisi ce train d’vie, j’en assumerai les conséquences
    Des aléas d’la street, j’en ai pris connaissance
    Du hood à Hollywood, j’en rêve comme tous les autres
    Mais j’irai simplement d’une cellule à l’autre
    Jeune noir, rien à foutre, comme ça qu’j’me défini
    Rien n’a commencé, j’me dis qu’tout est fini
    Les mains sales j’écris mon récital
    De bataille est mon champ lexical, je n’suis qu’une racaille
    0.9 dans la peau, les colombes sortent de mon chapeau
    Les colons ont mon drapeau
    J’ai des flashs de ségrégation
    Nelson mon co-détenu m’a aidé à tenir bon
    Mais je n’ai ni son calme, ni sa sagesse
    J’ai un Kalashnikov tout neuf, moi c’est 92 Ouest
    On m’a déjà tué deux fois, une fois à Memphis, une fois à Harlem
    Jamais deux sans trois, j’attends ces fils de pute, qu’ils viennent
    A 10 ans, j’ai vu Gorée depuis mes larmes sont éternelles
    Ma rage automatique, mes armes semi-automatiques
    Être hors-la-loi me soulage, j’me dis qu’ils ne m’auront pas
    Je vends d’la drogue aux jeunes, j’en vends à leurs rents-pa
    Peu importe tant que ma poche est pleine, ces chiens n’ont qu’à crever la bouche ouverte
    Moi j’ai besoin de cash, besoin de découvertes
    J’passe pas à table j’mets pas les couverts
    J’suis condamné à vivre, j’me f’rai jamais sauter l’couvercle
    B2OBA je m’appellerai, moitié Babtou
    En hommage à mon cousin Booba de Baobab
    L’ennui est le pire ennemi du banlieusard
    Le crime a payé parfois, beaucoup plus fort que ma foi
    Paquets de cocaïne, défie la brigade canine
    Respire mon sachet blanc, dure plus longtemps qu’Alcaline
    Rejoins moi dans ma suite au Lorraine Motel
    Je sors fumer une clope, je reviens tout d’suite
    En bas d’chez moi, j’ai repéré des taupes
    On se croit au dessus des lois, eux, se croient au-dessus des nôtres
    Et je sais que je vais plonger, ils sont sur mes cotes
    J’ai des frissons rien que d’y songer
    Le son qui sort à 0.9 net
    On a commencé minos, vomi nos tripes au mic
    Pas là pour plaire aux meufs, mec
    Tu veux d’la qualité, 0 bluff, c’est d’la 0.9

  • musique

    Maintenant, c’est sur youtube

    13 mai 201631 octobre 2025
  • politique

    Après dimanche soir,

    8 avril 201623 juin 2025

    Lundi matin.

  • littérature

    Si cela peut donner l’envie de lire le roman …et de l’ôter à d’autres, tant mieux (et tant pis) !

    25 mars 201623 juin 2025
  • arts plastiques

    Serial Tétine

    11 mars 201631 octobre 2025

    Adult. ( I want a ) New object.

  • cinéma

    ça me vient, là…

    26 février 201623 juin 2025


    Choose Life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, choose washing machines, cars, compact disc players and electrical tin openers. Choose good health, low cholesterol, and dental insurance. Choose fixed interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisurewear and matching luggage. Choose a three-piece suit on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who the fuck you are on Sunday morning. Choose sitting on that couch watching mind-numbing, spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pissing your last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked up brats you spawned to replace yourselves. Choose your future. Choose life… But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life. I chose somethin’ else. And the reasons? There are no reasons. Who needs reasons when you’ve got heroin?

    Irvine Welsh, Trainspotting, 1993.

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