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Diego Velázquez en el museo de Bellas Artes de Sevilla
Le souvenir de ce qui m’a touché en voyant ce tableau : ce regard inquiet et ce ton mélancolique convient en peinture plutôt à un philosophe mais de manière générale pas à un apôtre.
On ne voit représenté ici qu’un simple mortel et qui semble surtout, je me sentis autorisé à l’interpréter de cette manière, littéralement frappé par sa mission, prenant la mesure de sa tâche à venir, face aux siècles et aux hommes, encore si loin de la Parole, si faibles…
-« Quel travail… »
Rien ici n’est rayonnant ou « angélique » : voilà un humain et non pas un illuminé…
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31. Le touriste ne va pas à Marzahn.
31. Le touriste ne va pas à Marzahn. Je ne parle pas du touriste qui voyage à Berlin pour visiter le Reichstag et la coupole transparente de Norman Forster, l’île aux musées, et qui est perpétuellement à la chasse de morceaux du mur à l’authenticité douteuse. Non, pour celui-là, cet exemplaire d’une race si facilement méprisée, cette éternelle incarnation de l’autre, la question ne se pose même pas. Pour quelle raison devrait-il se rendre jusqu’à Marzahn, tout à l’est de la ville? je parle d’un autre touriste, celui qui part à Berlin vivre le jeu réactif de la révolte. Le voici donc à Friedrichshain, dans la Rigaerstrasse par exemple, où avec son enfilade de squats scénographiques – le drapeau des pirates flotte au vent pour faire plaisir aux enfants -, il trouvera ponctuels tous les événements qui le devancent toujours et le font exister : les citations pédantes d’Agamben, Butler ou Rancière comme dans les campus américains chez la future classe moyenne dirigeante, un sens inné de la mise en scène et de la représentation de soi, l’autoréférentialité déguisée en histoire, des ennemis inexistants et le soutien inconditionnel de la mairie. sans oublier les produits souvenirs, les bons vieux slogans, qui datent de l’East Village des lointaines années 1920 ou même de Paris 1968, commercialisés dans des sacs en jute, des tee-shirts, des autocollants à ramener chez soi ou à arborer à la prochaine promenade anticapitaliste. Le touriste de la révolte voyageait pour se reconnaître, il s’attendait à Friedrichshain et il s’est retrouvé. Il n’ira pas plus loin. Il n’ira pas à Marzahn. Dans le vide des barres de l’époque RDA à l’abandon, parmi des bandes de skinheads à l’hostilité inassimilable sur lesquelles ne se réfléchit pas le regard bienveillant des sociologues, sa figure n’ayant pas été prévue, il deviendrait tout simplement inexistant. Son passe-temps collectivisé est certes bien divertissant, mais il a tout de même des limites. Ce n’est pas lui qui décide où et quand il faut jouer. L’entertainment est la meilleure défense de la société contre le chaos qu’elle-même engendre. C’est une affaire trop sérieuse pour laisser à ses sujets la liberté de pouvoir y renoncer.
in Entertainment! apologie de la domination, Francesco Masci, 2011, Alia -
N’attendons pas le soleil pour boire du

♡ Avec du l’eau, c’est si bon ! ♡
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« Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… »
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
– Je n’en ai point.
– C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès. -
« Minable époque, qui, dans son impuissance à créer ou à reconnaître le nouveau, en est réduite à toujours resucer, remastiquer, recracher, revomir une tradition qu’elle n’est même pas capable de vraiment connaître et de vraiment faire vivre. »
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Pedro Costa, projections et discussions, à Bruxelles, ce week-end.
• Samedi 02 Février chez Argos :
« DISSENT ! Pedro Costa » (Artist Focus & Discussion)
Free entrance, de 20:30 à 23:00.
• Dimanche 03 Février au Bozo :


