philosophie

  • Ce qui nous reste quand on vient au monde? …mais par exemple, Nietzsche!

    « Travail et ennui. – Chercher du travail en vue du salaire – voilà en quoi presque tous les hommes sont égaux dans les pays civilisés : pour eux tous, le travail n’est qu’un moyen, non pas le but en soi ; aussi bien sont-ils peu raffinés dans le choix du travail, qui ne compte plus à leurs yeux que par la promesse du gain, pourvu qu’il en assure un appréciable. Or il se trouve quelques rares personnes qui préfèrent périr plutôt que de se livrer sans joie au travail ; ce sont ces natures portées à choisir et difficiles à satisfaire qui ne se contentent pas d’un gain considérable, dès lors que le travail ne constitue pas lui-même le gain de tous les gains. A cette catégorie d’hommes appartiennent les artistes et les contemplatifs de toutes sortes, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse, en voyages ou dans des intrigues et des aventures amoureuses. Tous ceux-là veulent le travail et la nécessité pour autant qu’y soit associé le plaisir, et le travail le plus pénible, le plus dur s’il le faut. Au demeurant, ils sont d’une paresse résolue, dût-elle entraîner l’appauvrissement, le déshonneur, et mettre en danger la santé et la vie. Ils ne craignent pas tant l’ennui que le travail sans plaisir : ils ont même besoin de s’ennuyer beaucoup s’ils veulent réussir dans leur propre travail. Pour le penseur comme pour tous les esprits sensibles l’ennui est ce désagréable « calme plat » de l’âme, qui précède l’heureuse navigation et les vents joyeux : il faut qu’il supporte, qu’il en attende l’effet : – c’est là précisément ce que les natures les plus faibles ne peuvent absolument pas obtenir d’elles-mêmes! Chasser l’ennui de soi par n’importe quel moyen est aussi vulgaire que le fait de travailler sans plaisir. (…) »

    Le gai savoir, 1882.
    Alors j’aurais peut-être l’air ici de « faire de nécessité vertu » en ce qui me concerne mais non, je sais, il s’agit d’arriver à concrètement faire son propre travail et pas dans 60 ans…

  • |

    Boum Tchak! 2. Extraits.

    2. C’était avant le glissement vers une impossible légèreté pop, avant aussi les magazines-philo en kiosque et les stages-philo pour comités d’entreprise, avant donc les séries télé mais un peu après les musées d’art contemporain. La culture absolue se fondait dans l’entertainment. Pourtant, depuis longtemps déjà, la domination laissait faire, avec l’indifférence ou le peu de reconnaissance qu’on sait pouvoir octroyer à qui ne peut nuire. Deux siècles d’assauts et de surenchère dans les outrages et dans les invectives ont nourri la longue histoire culturelle de l’émancipation de l’individu et toujours le même rien : une infinité d’événements, mais pas d’avènement. (…)
    3. Après avoir annoncé aux artistes (de grande ou nulle renommée), aux philosophes, aux maquisards de l’édition (subventionnés par l’État), aux partisans et à tous les autres intrépides du papier, que la guerre était finie, le moment est venu de leur dévoiler la vérité toute entière, à savoir que cette guerre, leur guerre, n’a jamais commencé.
    4. En décrivant comment le système autonome et autogénératif de la déception, la culture absolu, se généralise en un système de la pratique/jouissance de l’attente, l’entertainment, je n’ai nullement l’intention de déplorer l’inévitable. La culture n’est pas œuvre de salut, et la négation du monde qui est son principe fondateur doit plutôt s’entendre au sens luthérien de négation de la possibilité du rachat. Il n’y a rien à racheter et ce sont les œuvres en niant cela qui créent le mal. Un mal moral confondu avec une pathologie sociale indéterminée dont elles se veulent le remède. C’est par cette petite sorcellerie, ce tour de passe-passe, que la culture s’est substituée au politique dans la prise en charge de la vie commune des hommes. La subjectivité fictive, cet « homme nouveau » déjà vieux, peut, dans ses moments de lyrisme pastoral, rêver d’insurrections et de révoltes, mais, à son réveil dans les pâturages des événements, elle se reconnaitra dans le vieil animal non-politique qu’elle a toujours été.

  • | |

    à propos (reloaded)

    L’importance  de l’acte, du faire,
                          
    – d’essayer quelque chose.
    – d’y revenir, et donc de la répétition                     
    – du détail.                      
    – de la pesée [« Peser » mais « je pèse »]

    Catégories en opposition duelle  pour  le sens :

    – calme, humilité / arrogance
    – flux / constipation
    – sentir / réfléchir
     
    L’inspiration (respiration), les phonèmes, le son ;  les virages de l’humour et de l’angoisse, ces courbes là
    vs
    Le vouloir-saisir, l’angoisse, le cynisme, les régressions, la naïveté, l’ignorance, l’opinion, débattre (se)…
    Bien sûr, ce ne sont que des points de départ…
    Mais voilà déjà un texte qui déplie un peu certaines de ces idées : La nuance contre l’arrogance

    « My dressing room with a mirror – un lieu pour me changer – des petites batailles en robe »
     •

    Qu’est ce qui pour moi évoque la vie ;  puisque partager ses émergences , c’est y participer.

    Le problème des « urgences ou pas ? »

    « Je ne suis pas très sûr de beaucoup de choses ici » ou « J’en affirme aussi beaucoup » ne comptera pas beaucoup ici.
    Sauf pour la musique peut-être…

    Le respect du sujet qui parle :
     Schéma de celui qui s'exprime ici

     
    Et ainsi, je finirais aussi par ressembler à mes cheveux.

    Il y a partout des liens vers d’autres fenêtres, sous les images, sous les textes…
    Et aussi lorsqu’un terme est entre crochet, cela signifie la volonté de l’entendre dire et ainsi d’entendre son phonème. Comme [Peser] mais je [pèse]…

    Autres références, autres départs :
    Jacques Lacan a trouvé un sérieux truc, compliqué parce que nouveau peut-être, mais un vrai truc… ainsi que Georges Bataille et Antonin Artaud…

    « Quand je parle de ces gens, j’ai l’air, peut-être, d’en sourire ; mais il ne faut pas le croire. J’ai bu leur vin. Je leur suis fidèle. Et je ne crois pas être devenu par la suite, en quoi que ce soit, mieux que ce qu’ils étaient eux-mêmes en ce temps-là. » (Guy Debord, 1977)

    « Je suis quand même pour un peu de débordement » (Marion Duval, 2010)

    « On devrait s’interdire de parler de ce qu’on n’aime pas. Il devrait y avoir une interdiction absolue. On écrit toujours pour, en rapport à ce qu’on aime. Une littérature qui n’est pas une littérature d’amour, c’est vraiment de la merde.  » (Gilles Deleuze)

     Leçon inaugurale de R. Barthes au Collège de France, janvier 1977