littérature

  • His scroll was like a road ; my mind is racing, varoom! varoom!

    … Il y a près de quarante ans, Sterling Lord révélait à Kerouac que son manuscrit lui paraissait « friable », et que le papier était déchiré en plusieurs endroits. Comme on pouvait s’y attendre, les déchirures se situent au début du texte, là où la feuille extérieure et les premières sont exposées et vulnérables. En général, le mot ou la lettre qui manquent sont évidents. Dans les rares cas où il n’en est pas ainsi, j’ai consulté les versions suivantes et le texte publié.
     Et parce que la chose évoque magnifiquement un moteur de voiture qui a des ratés au départ d’un long voyage, j’ai laissé telle quelle la première ligne du manuscrit.
     HOWARD CUNNELL
    Brixton, London, 2007


    À la mémoire de Neal Cassady et d’Allen Ginsberg

    Camerado, je te donne ma main!
    Je te donne mon amour, plus précieux que l’argent,
    Je te fais don de moi avant le prêche et la loi ; 
    Me feras-tu don de toi? Viendras-tu voyager avec moi?
    Resterons-nous unis tant que nous vivrons?
                                                                WALT WHITMAN

      Sur la route
    Le rouleau original


    J’ai rencontré rencontré Neal pas très longtemps après la mort de mon père… Je venais de me remettre d’une grave maladie que je ne raconterai pas en détail, sauf à dire qu’elle était liée à la mort de mon père, justement, et à ce sentiment affreux que tout était mort. Avec l’arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu’on pourrait appeler ma vie sur la route. Avant j’avais toujours rêvé d’aller dans l’Ouest, de voir le pays, j’avais toujours fait de vagues projets, mais sans jamais démarrer, quoi, ce qui s’appelle démarrer.

  • Exercice facile: « Le bouche à oreille » à haute voix, si ch’puis dire…

    « Rien ne pèse tant qu’un secret ;

    Le porter loin est difficile aux dames ;

    Et je sais même sur ce fait

    Bon nombre d’hommes qui sont femmes.

    Pour éprouver la sienne un mari s’écria,



    La nuit, étant près d’elle :  » O dieux ! qu’est-cela,

    Je n’en puis plus ! on me déchire !

    Quoi ? j’accouche d’un oeuf ! D’un oeuf ? Oui, le voilà,

    Frais et nouveau pondu. Gardez bien de le dire :
    
On m’appelerait poule ; enfin n’en parlez pas. »
    
La femme, neuve sur ce cas,

    Ainsi que sur mainte autre affaire,

    Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire ;

    Mais ce serment s’évanouit

    Avec les ombres de la nuit.
    
L’épouse, indiscrète et peu fine,

    Sort du lit quand le jour fut à peine levé ;

    Et de courir chez sa voisine.
    
 »Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé ;

    N’en dites rien surtout, car vous me feriez battre :

    Mon mari vient de pondre un oeuf gros comme quatre.

    Au nom de Dieu, gardez-vous bien

    D’aller publier ce mystère.
    
-Vous moquez-vous ? dit l’autre : ah ! vous ne savez guère
    
Quelle je suis. Allez, ne craignez rien. »
    
La femme du pondeur s’en retourne chez elle.
    
L’autre grille déjà de conter la nouvelle :

    Elle va la répandre en plus de dix endroits ;
    
Au lieu d’un oeuf, elle en dit trois.
    
Ce n’est pas encor tout ; car une autre commère

    En dit quatre, et raconte à l’oreille le fait :
    
Précaution peu nécessaire,
    
Car ce n’était plus un secret.

    Comme le nombre d’oeufs, grâce à la renommée,

    De bouche en bouche allait croissant,

    Avant la fin de la journée

    Ils se montaient à plus d’un cent. »
    



Jean de La Fontaine]